[Parole à] Découvrir de nouvelles cultures grâce au CES : Témoignage de Genny, volontaire en Roumanie

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Genny 22 ans, étudiante en langues et interculturalité à l’université de Strasbourg a toujours eu le goût de la découverte des cultures européennes. Avec son bagage en langues (elle a étudié l’allemand, le néerlandais et l’anglais), elle décide de tenter l’expérience de la mobilité à l’étranger. Après avoir passé quelques mois en service civique en Allemagne, elle part en Corps européen de solidarité dans un pays qu’elle ne connait pas : la Roumanie. Nous lui laissons la parole ce mois-ci pour faire le point sur son expérience. 

 

Genny, quelle est ta mission au sein de ta structure ?

 

Depuis fin août, je suis en mission dans le cadre du Corps européen de solidarité dans une petite ville de Transylvanie en Roumanie. Je finis ma mission fin juin.

Je suis volontaire dans une association qui s’appelle Care 2 travel. C’est une association locale qui a pour objectif d’aider la communauté locale. Elle propose des missions dans différents domaines : agriculture, travail avec les enfants, handicap, refuge pour chiens…

Pour ma part, je travaille avec 2 autres volontaires dans des familles d’accueil. Je suis chargée de préparer des activités pour les enfants de ces familles. Je travaille dans 5 maisons différentes et chaque jour dans une maison différente. Les enfants dont je m’occupe ont des âges très différents : de 6 ans à 18 ans.

 

Je prépare mes activités le matin en choisissant un thème à aborder (ex : les animaux). L’objectif de ces activités est d’apprendre aux enfants à parler anglais par le biais de différents jeux et de leur faire passer un bon moment, de les sociabiliser. Parfois on ne fait que jouer avec eux.

Comme la plupart parlent peu, voire pas anglais, on développe des jeux qui stimulent la communication comme des bingos ou des mémorys.

En tout je m’occupe de 30 enfants.

 

 

Comment t’en sors-tu avec la langue ?

 

Il faut savoir que le Hongrois est la langue principale dans la ville où je suis. On parle le hongrois partout. Comme je ne parlais pas hongrois avant d’arriver en Roumanie, je prends des cours pour pouvoir communiquer avec les locaux. La deuxième langue est évidemment le roumain et je dois également avoir quelques notions car 5 des enfants avec qui je travaille parlent le roumain. Dans certains services publics c’est le roumain qui est parlé, ainsi que dans la plupart des grandes villes. Par contre je n’avais aucune base de roumain avant d’arriver ici. J’ai seulement regardé à quoi ressemblait la langue et j’ai appris sur place, au contact des locaux tous les jours et grâce aux livres. J’arrive à comprendre surtout à l’écrit car beaucoup de choses ressemblent au français. J’arrive à communiquer.

 

Ça peut faire peur au premier abord de ne pas connaître la langue mais une fois qu’on est sur place ça se fait tout seul. Je peux comprendre le sujet d’une conversation, exprimer les choses de base et passer un message.

 

 

Comment es né ton projet de partir à l’étranger ?

 

Mon projet de partir à l’étranger était lié à mes études pendant lesquelles j’ai pu faire des courts séjours. Au-delà de ces voyages, j’avais envie d’avoir une expérience pratique à l’étranger.

J’ai donc fait un premier volontariat en Allemagne avec l’OFAJ. Après cette expérience j’ai tout de suite su que je voulais repartir et j’avais envie de découvrir un endroit que je ne connaissais pas.

Je suis tombée sur le dispositif du Corps Européen de Solidarité (CES) par hasard. Je ne pouvais pas refaire un service civique car j’avais déjà fait celui avec l’OFAJ mais j’ai vu que c’était par contre possible de faire un CES.

 

Je me suis donc créé un compte sur la plateforme dédiée et j’ai commencé à regarder les offres en décembre 2020 pendant que j’étais en Allemagne. J’ai vite compris qu’il fallait un organisme d’envoi pour accompagner mes démarches et la Maison de l’Europe à Nantes était référencée sur le site. J’ai donc pris contact pour assister à la réunion d’info du CES.

Quand j’ai su que tous les frais liés au programme étaient pris en charge, j’ai cru qu’il y avait une arnaque, mais non j’ai été agréablement surprise c’est un vrai dispositif !  

 

 

Quel type de mission recherchais-tu ?

 

J’étais assez ouverte sur la mission mais je visais surtout à une association qui travaille dans le social on des missions en lien avec l’organisationnel (communication, management…). Je voulais un pays dont je ne parle pas déjà la langue. De préférence un pays où je n’avais pas déjà eu l’occasion d’aller et un pays dont je ne savais rien. Je voulais me lancer un challenge et être plongée dans une autre culture.

 

J’ai candidaté à différentes offres mais la condition était que je voulais partir cette année. J’étais prise jusqu’à fin juillet 2021 et je ne voulais pas que la mission déborde sur septembre/octobre 2022 pour pouvoir reprendre mes études après. Il y avait quand même beaucoup d’offres répondant à mes critères. Je ne sentais pas qu’il fallait que je postule par défaut j’avais vraiment le choix.

Quand on a un doute il vaut mieux envoyer sa candidature pour ne pas passer à côté d’une bonne opportunité.

 

 

Raconte-nous ton voyage et ce que tu as découvert en Roumanie ?

 

Fin août j’ai atterri à Bucarest après un voyage de quasiment 24h : j’ai d’abord pris un flixbus depuis Nantes pour ensuite prendre mon avion à Paris. J’ai atterri à Bucarest puis j’ai pris 2 trains pour arriver dans ma ville. Le soir de mon arrivée mon organisation est venue me chercher en voiture. Si le voyage était long, tout a été très simple et fluide. À l’aéroport à Bucarest, j’ai retrouvé une autre volontaire que j’avais déjà rencontré en visio et nous avons pris le train ensemble jusqu’à notre ville, où nous avons été accueillies avec des pancartes de bienvenue.

 

On m’a ensuite ramenée à l’appartement dans lequel je vis et que je partage avec d’autres volontaires d’autres organismes. De manière générale nous sommes une dizaine de personnes à y habiter mais on peut aller jusqu’à 11 personnes, voire 14 en comptant les habitant de l’appartement d’en face. Dans la grande majorité ça se passe bien, tout le monde est assez ouvert.

C’est super de rencontrer des gens qui viennent de partout dans le monde. La plus jeune que j’ai rencontré avait 16 ans et la plus âgée plus de 60 ans.

 

Au départ, il y a un temps d’adaptation pendant lequel il faut se débarrasser de tous ses préjugés. Au début je trouvais ça bizarre que des personnes plus âgées viennent ici et puis on s’y fait, ça devient même normal ! L’important c’est d’accepter qu’on n’est pas tous pareils.

Dans tous les cas, notre association nous encadre toujours et fait tout pour améliorer les choses et faciliter la communication.

 

Au-delà de la vie quotidienne, j’ai voyagé dans plusieurs grandes villes du pays. J’ai même voyagé toute seule pendant 1 semaine : je n’ai pas cherché à rencontrer d’autres gens mais ça m’a permis d’aller à mon rythme, de faire ce que j’avais envie de faire. J’ai aussi voyagé en groupe jusqu’à 12 personnes.

 

Les gens sont très accueillants de manière générale et les paysages magnifiques : Tout est très montagneux dans la région où je suis.  

 

 

Quelle anecdote de voyage as-tu envie de nous partager ?

 

Ici il y a une grande communauté hongroise. Les habitants du pays sont roumains mais dans la Région où je vis ils ont la double nationalité et ont aussi un passeport hongrois. Ils ont des critères simplifiés pour avoir le passeport du fait de l’Histoire commune. Il suffit de prouver qu’on a un ancêtre hongrois pour avoir la nationalité.

 

Le climat constitue également une grande particularité de pays. J’ai découvert la neige car il peut faire jusqu’à -22 degrés en hiver : ça change de Nantes !

 

J’ai vécu plusieurs moments de « chocs culturels », le plus marquant étant de voir comment les gens traversent les rails de train. Comme il n’y a pas de plateformes, les trains ouvrent leurs portes des deux côtés et les gens traversent les rails en lien milieux. Ça fait bizarre au début.

Et puis quand on est sur la route en voiture ou en bus, on peut dépasser une charrette à cheval. Ça me semble maintenant normal mais au début j’ai trouvé ça surprenant.

 

Avant pour moi l’Europe se traduisait par les stéréotypes que j’avais sur les pays et leurs habitants. Finalement le fait de partir à l’étranger m’a permis de faire tomber es clichés, de dépasser les stéréotypes.

 

 

Qu’est-ce que tu aimerais dire aux jeunes qui comme toi voudraient partir en Europe ?  

 

Il faut avant tout partir pour soi et pas parce qu’il faut partir. Chacun à ses propres raisons de vouloir partir et l’important c’est de partir pour la bonne raison qui nous correspond.

 

Une année à l’étranger c’est surtout plein d’avantages si on aime ce qu’on fait. Il faut y aller l’esprit ouvert, postuler à des projets qui nous animent, s’impliquer dans son projet. On ne part pas que dans un pays on part pour construire quelque chose autour de son projet.